La place des enfants est à l’école / Children Belong In School

September 3rd, 2014

Lettre ouverte aux :
L’honorable Yves Bolduc, Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, et
L’honorable Kathleen Weil, Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

La place des enfants est à l’école

Madame la Ministre,
Monsieur le Ministre,

Pour la plupart des enfants, le mois de septembre marque le début d’une nouvelle année et la fin officielle des grandes vacances. Les feuilles commencent à tomber et une nouvelle routine redémarre. Le stress et l’excitation viennent alors se mêler à l’idée de devoir s’adapter à un nouvel environnement. L’école, avec toutes ses opportunités, ses longues amitiés à venir, fait de ces années les plus précieuses dans la vie d’une personne.

Pourtant, des milliers d’enfants à travers le Québec n’ont pas l’occasion de vivre cette expérience à cause de la situation de leurs parents dans cette province. Certains d’entre eux sont demandeurs du statut de réfugié ou demandeurs d’asile dont la requête a été refusée. D’autres sont de simples touristes ou encore des travailleurs temporaires ayant demeuré au Canada après l’expiration de leur visa. Les parents ne sont pas les victimes ici et ce sont les enfants qui se retrouvent sanctionnés.

C’est un fait établi maintenant que des milliers d’enfants ne peuvent pas aller à l’école au Québec. En effet,  la loi sur l’instruction publique du Québec mentionne que seuls les résidents en situation régulière et certaines catégories d’immigrants peuvent avoir accès à l’éducation publique. Nos voisins en Ontario ou encore aux Etats-Unis autorisent ces enfants à aller à l’école, quelque que soit leur situation et nous obligent à constater qu’en matière de bon sens, de compassion et de devoir, le Québec est à la traîne. Les conséquences sont ainsi reportées sur les nouvelles générations et une telle punition du fait d’autrui est injustifiée. Les enfants sont-ils censés être punis pour une infraction qu’ils n’ont pas commise ? Cela reflète-t-il nos valeurs en tant que Québécois ? Bien sûr que non.

Certaines personnes évoquent l’argument selon lequel les contribuables ne devraient pas payer pour les enfants dont les parents sont en situation irrégulière. Cependant, l’histoire nous a montré ce qu’il advient des enfants qui ne vont pas à l’école. Ces enfants sont désœuvrés et deviennent inapte à se conformer aux institutions ou aux personnes incarnant l’autorité, réagissant en conséquence par des actes de désobéissance civile. Pouvons-nous les accuser ? Ces mêmes institutions et ces mêmes personnes les ont déjà abandonnés.

L’étape suivante de ce cycle s’aggrave davantage lorsque ces enfants entrent dans l’adolescence et s’entraînent dans la petite délinquance. Or, faire appliquer les lois et offrir des services sociaux est bien plus coûteux que ce que l’éducation aurait coûté initialement.

Aucun argument économique ou humanitaire ne saurait justifier qu’un enfant soit privé de scolarité. Les contribuables perdent de l’argent, les enfants perdent l’opportunité, ou plutôt le droit à recevoir une éducation, les collectivités connaissent des difficultés sociales et les forces de police doivent agir sur des problèmes qui auraient pu être entièrement évités. Ainsi, nous créons une société qui se distingue, dès le berceau, entre les nantis et les démunis.

Soyons clairs : ces enfants n’ont violé aucune loi et sont néanmoins sanctionnés. Ils devraient pouvoir se sentir à l’aise au sein d’un environnement pédagogique sûr, nous devrions pouvoir accompagner nos enfants dans leur apprentissage et partager avec eux la patinoire pendant les entraînements de hockey. L’école pourrait, et devrait représenter un endroit de répit pour eux, contrairement à l’atmosphère qui règne à la maison, où les parents s’inquiètent à chaque fois que l’on frappe à leur porte. Laissons ces enfants aller à l’école, de la maternelle au CEGEP. Donnons à ces enfants les outils les menant à la réussite. Ne dénigrons pas leur droit fondamental tel qu’il est consacré par l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies, dont le Canada est signataire.

En tant que père, en tant que Québécois, en tant que contribuable, je pense que cette situation ne reflète pas les valeurs qui nous tiennent à cœur. Ce système mène à des situations désastreuses. Peut-on encore voir le Québec comme un leader progressiste au sein de la fédération Canadienne si une telle situation perdurait ? Je suis convaincu que les Québécois, s’ils avaient eu connaissance de cette situation, auraient souhaité que ces enfants reçoivent une éducation, quelque soit leur origine. Il est temps de leur en offrir une. Il est temps d’ouvrir les portes de nos écoles à ces enfants qui vivent au Québec.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération respectueuse,

David Cohen
An open letter to:

The Honourable Yves Bolduc, Minister of Education, Recreation and Sports
The Honourable Kathleen Weil, Minister of Immigration, Diversity and Inclusiveness

Children Belong In School

Dear Ministers,

For most children, September marks the beginning of a new year and the unofficial end of summer. The leaves start falling, the regular routine comes back, and a mixture of excitement and nervousness builds up as they wonder how they will adapt to new surroundings. School, and the opportunities and lifelong friendships it offers children, make those years some of most exciting in any person’s life.

Several thousand children across Quebec, however, do not get the opportunity to share in this simple right of passage. Their parents have no legal status in the province. Either they are refugee claimants or asylum seekers whose applications were rejected, tourists who overstayed their visas, or temporary workers who remained in Canada once their visas expired. But the parents are not the victims here. No, instead the provincial government has punished their children.

It is now known that several thousand children will be unable to attend school in Quebec because Quebec’s Education Act says that only legal residents and certain categories of immigrants can receive free public education. Our neighbours in Ontario and the United States allow children to attend classes regardless of their legal status. When it comes to compassion, common sense and doing the right thing, Quebec is falling behind. We are passing punishment on to new generations, and such vicarious punishment is unwarranted. Should minors be punished for offences they did not commit? Does this reflect our values as Quebecers? The answer is ‘no’.

There will be people who make the argument that taxpayer dollars should not be spent on educating children whose parents remain in Canada without legal status. But history has shown us what happens when children don’t attend school — they become bored and soon begin to resent the institutions and people who wield power over them, and react accordingly by way of civil disobedience. Who can blame them? Those same institutions and people have already abandoned them.

The next step in the cycle comes as these children enter adolescence and begin to commit petty crime. Law enforcement and social services then have to pick up the pieces, all of which costs far more than what an education would have cost in the first place.

There is no economic argument to be made for denying an education to children, nor is there a humanitarian one. The taxpayer loses money, the child loses the opportunity (sorry, the right) to receive an education, local communities experience social problems, police forces have to deal with entirely avoidable issues, and we create a society clearly demarcated, from the cradle, by haves and have-nots.

Let us be clear: These children have broken no law, yet they are being punished. That is wrong. These are children who ought to feel comfortable in a safe educational environment, learning with our own children and sharing the ice with them during hockey practice. School could, and should, be a respite for them — somewhere that stands in contrast to a no doubt distressing situation at home, where anxious parents worry about each and every knock at the door. Let these children go to school, from kindergarten right through to CEGEP. Give children the tools to succeed. Don’t deny them their human rights, as enshrined in article 26 of the United Nations Universal Declaration of Human Rights, to which Canada is signatory.

As a father, as a Quebecer, as a taxpayer, I believe this situation does not reflect the values that Quebecers hold dear. It’s a recipe for disaster. Can we still think of Quebec as the progressive leader in the Canadian partnership if such a scenario is allowed to continue? I bet Quebecers, if they knew about this, would feel strongly that children, regardless of their backgrounds, deserve an education. It’s time to give them one. It’s time to open up our schools to all children living in Quebec.

Yours Sincerely,

David Cohen


 
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6 Responses to “La place des enfants est à l’école / Children Belong In School”

  • On September 4th, 2014, Sean L. said ...

    Well said David!

  • On September 5th, 2014, Zaidi from Pakistan said ...

    Thoughts of the writer are highly appreciated and must be considered seriously

  • On September 9th, 2014, Anonymous said ...

    We are currently living in BC, where no children are in school due to the strike. However were the schools open we would be in a quandary as to whether to try and register our child. We have applied for citizenship for our adopted child but given the huge backlog( we have already been waiting 6 months,) it could be a very long time. We may need to leave the country and return again as visitors if we wish to be here legally. To keep us together as a family which is necessary for many reasons we have to play some silly games. Any other child would be granted automatic citizenship but since we were living out of the country when we adopted and now wish to return we are given no option but to either wait possibly years or come home to wait with fear of reprisals and or huge financial costs of leaving and returning

  • On September 9th, 2014, Deep Singh said ...

    Well done Sir.It’s time to open up our schools to all children living in any part of the country

  • On September 9th, 2014, Anonymous said ...

    thanks for this,they should clear the demarcations between the rich nd the poor

  • On August 4th, 2015, Farii619 said ...

    Well said Dear

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